Déconfinement et retour à l’école : un choix difficile.

Depuis le 11 mai les plus jeunes, puis les collégiens de sixième et cinquième ont repris le chemin de l’école. Ce retour n’a pas de caractère obligatoire et chaque famille peut décider si cela lui semble ou non judicieux.

Bien entendu, certaines familles n’ont pas le choix.

Elles n’ont pas de mode de garde, pas de famille à proximité et ont des activités professionnelles incompatibles avec le télé travail.

Je vais essayer, aujourd’hui, de vous aider à y voir plus clair, notamment lorsque votre enfant ou adolescent est en situation de handicap.

Chaque cas est particulier

Le premier élément à prendre en compte est que personne ne peut décider à votre place. Et personne ne connaît mieux votre enfant ou votre ado que vous.

Chaque situation est différente, chaque type de handicap comporte des variantes personnelles. Et, même si les conseils sont donnés avec de bonnes intentions, vous êtes et resterez les seuls décisionnaires.

Ainsi, un enfant précoce qui a besoin que ses multiples « hypers » se reposent ( hyper accousie, hyper gnosie, hypersensibilité) pourra préférer rester à la maison. Un autre précoce aura lui grandement besoin de retrouver son/sa meilleur(e) ami(e), indispensable à son épanouissement.

On peut cependant tenter d’évaluer la nécessité du retour en présentiel selon quelques indicateurs.

Des pistes de réflexion …..

Si l’école, le collège ou le lycée sont des lieux de grande angoisse pour votre enfant ou adolescent, il faut prendre en compte deux aspects antagonistes du problème :

  • l’éloignement de cette source d’angoisse pendant 8 semaines lui a permis de se reposer. Il a pu ne plus être confronté à ce qui lui fait « mal »
  • Plus ce même éloignement sera prolongé, plus il sera difficile d’envisager un retour à plein temps en septembre

On peut donc imaginer un retour progressif : quelques heures si c’est en maternelle ou primaire ou un jour sur deux au collège.

Il semble difficile d’imaginer imposer à un jeune de retourner 8h par jour, 5 jours par semaine, immédiatement, dans un lieu duquel il s’est éloigné avec soulagement parfois.

N’oublions pas que, bien souvent, le rythme de vie a changé.Les heures de sommeil et les périodes de travail ne sont plus les mêmes. C’est tout un rythme qu’il va s’agir de remettre en place.

Si vous optez pour un retour en cours il faudra donc anticiper ces heures et recaler le rythme de vie en fonction de cela.

Cette difficulté sera plus grande pour les ados qui ont, naturellement un rythme de sommeil inversé par rapport à celui d’un adulte. Et si cet ado est porteur d’autisme le besoin de sommeil est assez important.

Calmer les angoisses et les appréhensions

Autre nécessité : calmer les angoisses liées au retour en classe : qui sera là ? et comment je vais faire si mes copains, copines ne reviennent pas ? est ce que les profs vont expliquer les cours qu’on n’a as compris ? comment va se passer le repas ? et le masque ?

Il est impératif de tenter de répondre à chaque question que se posera votre enfant ou adolescent. Et, surtout, de ne pas oublier de lui rappeler que ce retour ne sera pas une reprise ordinaire.

Notre vie a tous a été modifiée par cette épidémie. Il est important d’expliquer que, pendant un moment, long ou pas, ,nous devrons fonctionner de façon différente.

Pour les enfants de primaire des panneaux pédagogiques ont été crées pour la mise en place et le respect des gestes barrière. On peut les regarder et les utiliser à la maison avant le retour à l’école. Vous en trouverez quelques uns au fil de cet article. Ils sont libres de droit de diffusion et de partage,n ‘hésitez donc pas à les imprimer et à les utiliser.

On peut également lire ensemble le protocole qui vous a été adressé par l’établissement et appeler pour poser les questions restées sans réponse.

Le besoin de socialisation

Il faut aussi prendre en compte est le besoin de socialisation des enfants et des adolescents. Certes, ce besoin nous est commun à tous mais l’esprit de groupe ou de clan est très important chez ces derniers.

Vous me direz, oui mais pas forcément chez un jeune porteur d’autisme. Encore une fois chaque personne est différente et je vous assure que je connais des jeunes filles autistes pour lesquelles le besoin d’avoir des copines est très important voire essentiel à leur équilibre.

Ne pas aller à l’école, au collège ou au lycée sur une longue période peut être aussi une difficulté supplémentaire à comprendre les codes sociaux, les fonctionnements de groupes et rajouter au sentiment d’être différent. Une fois encore seul vous êtes en mesure de juger de ce qui sera le plus adapté.

Cette pandémie nous conduit, de plus, à respecter des gestes barrière et à porter un masque ce qui peut être très difficile dans certains cas comme la dyspraxie. Le fait de mettre correctement le masque est en soi, une praxie complexe. A cela on ajoutera la difficulté de ne pas se toucher le visage, de ne pas toucher les ami(e)s .

Si vous sentez ou constatez que votre enfant ne peut appliquer sereinement ces gestes ou porter le masque aisément alors il est préférable de poursuivre en distanciel pour lui éviter d’être continuellement repris par les enseignants et le personnel de l’établissement. Il est inutile de rajouter de l’incompréhension et de la souffrance au handicap.

Pour conclure

Quoi qu’il en soit ce retour doit se faire dans le calme et la sérenité. Tous les établissements font leur possible pour accueillir les élèves dans les meilleures conditions possibles.

Bonne reprise à tous !

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