L’école inclusive

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, définit la notion d’école inclusive et affirme la participation de la citoyenneté des personnes handicapées.

Art. L. 112-1. – Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l’éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l’État met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés.

« Tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l’école ou dans l’un des établissements mentionnés à l’article L. 351-1, le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence.»

Elle a permis des avancées majeures dans la politique de scolarisation des élèves en situation de handicap. « Le service public d’éducation doit veiller à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction. Une approche nouvelle est consacrée : quels que soient les besoins particuliers de l’élève, c’est à l’école de s’assurer que l’environnement est adapté à sa scolarité.» La loi du 26 juillet 2019, pour une école de la confiance renforce dans son chapitre IV l’école inclusive. Elle vise à améliorer la qualité de la scolarisation des élèves en situation de handicap notamment par le renforcement de la coopération des acteurs qui interviennent auprès de l’élève et un meilleur accompagnement des familles. »

Sources éducation.gouv.fr

Mais qu’est-ce que tout cela veut dire dans les faits ?

Cela signifie que :

  • On ne peut refuser de scolariser un enfant, adolescent au motif qu’il présente un handicap ou a des besoins particuliers.
  • Vous devez tout mettre en oeuvre pour que les savoirs soient transmis de manière efficace et adaptée.
  • Vous devez respecter les préconisations des divers dispositifs : P.A.P/ P.P.S./ P.P.R.E./P.A.I.
  • Vous devez participer à la rédaction et à la mise en place de dispositifs pour les élèves dont vous êtes le professeurs des écoles ou le professeurs principal en collège et lycée :
    • Le PAP
    • Le PPS
    • Le PPRE
    • Seul le PAI ne nécessite pas votre participation car il est du ressort de l’infirmière ou du médecin scolaire.

Petit moyen mnémotechnique : P.A.P et P.P.S. avec deux P comme Professeur Principal et P.A.I avec un I comme dans Infirmerie. En tant que professeur principal vous devez transmettre à l’ensemble de l’équipe les adaptations pédagogiques à mettre en place. Le chef d’établissement est le garant du respect des aménagements.

Comment s’y retrouver dans tous ces sigles ?

Le P.A.P : Plan d’accueil personnalisé

Il peut être mis en place lorsqu’il n’y a pas d’accompagnement humain par une AESH ou de matériel adapté. C’est un « contrat » entre l’élève, sa famille et l’école. On va y trouver tous les aménagements nécessaires à la scolarité, ce peut être le fait de donner les cours tapés, de ne pas forcer à lire, de répéter les consignes par exemple.

Il se rédige ensemble et doit être signé par toutes les parties en présence : professeur des écoles ou professeur principal, famille, infirmière lorsqu’il y en a une. Il doit être rédigé par le professeur principal en accord avec la famille et s’appuye sur les bilans des professionnels de santé qui peuvent être associés à sa rédaction s’ils le souhaitent (mais leur absence n’est pas opposable à sa rédaction).

Si ce P.A.P n’est pas respecté il devient un document opposable. Cela signifie qu’il peut vous être utile en cas de désaccord avec l’établissement.

Le P.P.S : Plan personnalisé de scolarisation

Il concerne les élèves qui ont une compensation matérielle ou humaine c’est-à-dire un ordinateur, une table adaptée ou un AVS/AESH.

Ce document se rédige en équipe avec le médecin scolaire s’il y en a un (ce n’est pas le cas dans les lycées hors contrat ou agricoles), l’infirmière s’il y en a une, le proviseur ou le proviseur adjoint de l’établissement et la famille. On invite généralement le professeur des écoles ou le professeur principal.

Ce document sera signé par chacune des parties et fixera les modalités d’accueil, d’utilisation de l’ordinateur ou de présence et d’intervention de l’AESH, les besoins de l’élève.

C’est également un document opposable en cas de non-respect des besoins qui y sont inscrits.

Le P.P.R.E : Plan personnalisé de réussite scolaire

Il s’adresse surtout aux élèves des écoles maternelles et primaires porteurs de TDAH (troubles du développement et de l’attention avec hyperactivité) ou à haut potentiel (un même élève pouvant être à haut potentiel et dys ou à haut potentiel et avoir des troubles de l’attention).

Il a pour but d’aménager la scolarité pour favoriser la réussite : par exemple en permettant à un élève de suivre les mathématiques en CP et l’écriture et la lecture en CE1 ou CE2 si son niveau est plus élevé dans cette discipline et qu’il en a déjà acquis les compétences.

Ce dispositif se rédige également avec le professeur des écoles, le directeur/trice de l’école, vous, le médecin scolaire. (mais sa présence n’est pas obligatoire). Il sera soumis à la fourniture des bilans des différents professionnels de santé.

Comme pour les autres dispositifs c’est un document opposable en cas de non-respect des préconisations qui y figurent.

Le P.A.I : Plan d’accueil individuel

Il concerne tout ce qui est relatif à la santé physique : allergies alimentaires ou autres, asthme, diabète, etc. Il est rédigé par la famille avec le médecin scolaire ou l’infirmière de l’établissement lorsqu’il y en a une.

C’est le médecin ou l’infirmière qui informe les professeurs de son existence et de ce qu’il contient. Vous y trouver la description précise des troubles de santé et le protocole de soin à adopter en cas de crise ainsi que la liste des médicaments pris par l’élève.

Lorsque vous organisez une sortie scolaire vous vous munirez de ce document afin d’assurer la sécurité de l’élève en toutes circonstances.

On doit également y trouver les coordonnées des professionnels de santé à joindre : médecin traitant, spécialiste, hôpital ou clinique où conduire l’enfant, l’adolescent si nécessaire.

En tant qu’enseignant vous devez savoir que vous ne pouvez refuser les adaptations nécessaires aux élèves et que, bien souvent, elles aideront aussi les autres élèves. De nombreux outils peuvent vous aider comme la plate-forme Aidodys, la souris scanner Iris etc. Si vous vous sentez démuni des formations organisées par l’éducation nationale ou le ministère de l’agriculture peuvent vous être proposées.

Les aménagements aux examens

Lorsque vos élèves obtiennent des aménagements aux examens, il vous faut les respecter, y compris si vous travaillez en contrôle continu et notamment en CCF (contrôle en cours de formation).

Effectivement un élève avec des besoins particuliers conserve ces besoins qu’il soit en train de faire une évaluation formative, sommative ou certificative. Ainsi, s’il vous est impossible de lui accorder son tiers temps lors des évaluations formatives vous pouvez choisir de retirer un tiers des questions (celles de votre choix bien entendu) et ramener la notation sur 20 par péréquation.

Pensez que le parcours de scolarisation des élèves à besoins particuliers est un véritable parcours du combattant pour la famille et pour l’enfant ou l’adolescent. Beaucoup ont l’impression de ne pas être entendus et compris dans leur différence.

Sachez que ce travail d’adaptation peut être très peu chronophage grâce aux nombreux outils numériques. Notre équipe est à votre disposition pour vous aider et vous conseiller.

Cette nouvelle approche de votre travail peut devenir une bouffée d’oxygène dans votre pratique professorale. Prendre en compte chacun de ses élèves sans avoir le sentiment d’en laisser un au bord du chemin est très satisfaisant.

Si vous souhaitez être aidé vous pouvez :

  • Vous adressez au référent handicap de votre circonscription dont vous trouverez les coordonnées sur eduscol ou sur education.gouv.fr
  • Vous adressez à l’inspecteur d’académie de votre école
  • Pour l’enseignement agricole et maritime vous adressez à La DRAAF ou au SRFD.

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